Télévision et publicité… passé, présent, futur

avril 20, 2008

A travers ce deuxième article sur la suppression de la publicité sur les chaînes publiques, nous notons que la diversité des sources d’investissement est essentielle à la pérennité d’une activité quelle qu’elle soit, y compris culturelle. France Télévision ne pourra promouvoir des programmes à la fois culturels et attractifs sans financement ; car le défi de France Télévision est bien de diffuser des programmes de qualité et créatif et cela demande de grandes ressources tout en constituant un danger pour les chaînes privées (prenons par exemple le succès de la retransmission de la pièce de théâtre de Sacha Guitry, Faisons un rêve ou des fugueuses avec Line Renaud et Murielle Robin en direct, en prime time).

 

Cette expérience est la preuve qu’économie libérale et création culturelle de qualité sont compatibles à la condition d’une volonté des personnes qui animent le projet. Sans ces éléments réunis, il semble que l’avenir des chaînes publiques soit court.

 

Revenons sur quelques chiffres afin de mieux comprendre cette bataille silencieuse entre TF1 / M6 et les chaînes France Télévision. :

 

Des mesures en faveur de la diffusion publicitaire à la télévision ont été approuvées par les gouvernements passés alors que le temps des communications annonceurs a été réduit sur les chaînes publiques :

En 1996, les coupures publicitaires passent de 4mn à 6mn

En 2000, le temps publicitaires accordé à France Télévision passe de 12mn à 10mn par heure.

Pour passer à 8mn en 2001.

En 2007, ouverture de la publicité télévisée aux annonceurs de la grande distribution.

L’enjeu des chaînes privées est important et l’exemple de TF1 un cas d’école : 60% de ses ressources sont issu de la publicité télévisée alors qu’en février 2008 son audience atteignait 27,5%  (plancher historique) et représentait une chute de 10 points en 10 ans.

 

Des projections chiffrées nous donnent un aperçu du paysage télévisuel si les lois en cours de décisions sont votées (Données issues du magazine Télérama n°3038 semaine du 5 au 11 avril 200 8) :

 

La suppression de la publicité sur France Télévision équivaudrait à 1 transfert des ses investissements vers les chaînes privées d’une valeur de 750 millions d’euros.

 

La transcription de la directive européenne « télévision sans frontière » en droit français amènerait les chaînes privées à diffuser en moyenne 4 spots publicitaires en 1 heure (24 mns de pub entre 20h30 et 21h30) Résultats : 90 millions d’euros par an pour TF1 et 45 millions d’euros par an pour M6.

 

La redevance devrait augmenter de 20 à 30%  pour récupérer la perte de ressources. Rappelons que celle de France est la plus basse d’Europe : 116€ contre 200€ pour la Grande Bretagne et l’Allemagne.

 

Dans le chat Idées & Débats des Echos en ligne, René Bonnell souligne plusieurs points intéressants notamment le risque de l’augmentation du coût de la publicité pour les annonceurs dû a une raréfaction des écrans et donc une orientation des annonceurs vers d’autre média.

 

Il précise «également que cette nouvel règlementation pourrait avoir également des conséquences plus large, comme sur la production cinématographique française, puisque les chaînes publiques doivent consacrer entre 25 et 30%  de leur ressources à la création originale (cinéma, fiction, documentaires…) dans le cas où les recettes ne seront pas compensées.

 

Et enfin, il est mis en avant qu’avec l’avènement d’Internet et de la TNT, les chaînes publiques et privées doivent faire face à de nouveaux comportement de téléspectateur : en effet, les nouvelles générations acceptent de moins en moins l’imposition de programme à heure fixe et souhaite davantage créer son programme à la carte. Les chaînes doivent intégrer ses nouveaux paramètres économiques dans leur stratégie à venir.

 

Pour plus d’information sur cet article, vous pouvez lire :

- Le magazine Télérama n°3038 de la semaine du 5 au 11 avril 2008

- Peut-on supprimer la pub sur les chaînes publiques ? (lesechos.fr)

 


Quelques chiffres…

avril 17, 2008

Une étude statistique sur les entreprises du secteur culturel, publiée par le ministère de la culture et de l’éducation, permet de suivre l’évolution de cette industrie. Cette étude englobe toutes les activités économiques qui concourent à la production ou la reproduction en grand nombre de biens et services culturels et de communication et à leur mise sur le marché. Elle concerne donc le domaine de l’édition (commerce du livre, du disque, de presse), les agences de presse, le secteur de l’audiovisuel (cinéma, radio et télévision) et enfin les agences de publicité.

 

Au total, cela représente en 2003 :

20 000 entreprises

157 000 emplois salariés

41 milliards d’euros de chiffre d’affaires

 

Le secteur des services est très concentré puisque 84 % des entreprises de l’édition et distribution vidéo sont des sociétés, les 16 % restants étant des entreprises individuelles. De plus, en 2002, 7% des sociétés du secteur de l’édition et distribution vidéo appartiennent à un groupe et représentent 83% du chiffre d’affaires du secteur. En 2003, « les 4 plus grandes entreprises de l’édition et distribution vidéo réalisent 51% du chiffre d’affaires sectoriel. »

 

En France, l’île de France reste la région la plus active et attractive pour le secteur culturel tout comme Londres, New York ou encore Tokyo. Un article plus complet est dédié à l’industrie culturelle dans les régions de France dans ce blog.

 

Le rapport met également en avant plusieurs points d’actualité :

Le poids des annonceurs en terme de financement sur la diffusion de contenu créatif via les agences de publicité sur les supports tel que la télévision, la radio ou la presse.

Et le développement rapide des supports de communication des nouvelles technologies de l’information auquel l’industrie culturelle doit faire face.

Pour plus d’information, de tableaux et graphiques sur le nombre et la taille des entreprises de ce secteur, leur chiffre d’affaires et le marché de l’emploi :

Aperçu statistique des industries culturelles


Piratage sur le net : entre amendement EU et projet de loi Hadopi

avril 15, 2008
Chèrs lecteurs,De nombreux articles ont été publiés ces derniers jours à propos du téléchargement sur le web.  Un point s’imposait donc à ce sujet sur ce blog consacré à la vie économique culturelle. 

En France, le projet de loi Hadopi (haute autorité pour la diffusion des oeuvres et la protection des droits sur Internet) proposé par le ministère de la Culture,  imposerait aux fournisseurs d’accès Internet (FAI) de bloquer la connexion Internet de leurs clients s’ils ne stoppaient pas leur téléchargement illégal après 2 avertissements.

Ce projet de loi, largement en faveur des lobbies du divertissement et plus particulièrement des majors de la musique, permettrait de relancer l’industrie de la musique et des films.

Cette mesure semble en contradiction avec l’amendement adopté par le Parlement européen jeudi dernier. En effet, celui-ci « demande aux Etats membres d’éviter de prendre des mesures trop répressives contre les pirates comme la coupure de l’accès Internet. » (cf article : La France maintient la riposte graduée). Certain députés considèrent même que ce genre de mesure porte atteinte à la liberté individuelle.

Cependant, la France n’est pas le seul pays d’Europe à prendre des dispositions sévères contre le piratage : Le ministre de la Culture britannique, Andy Burnham, a annoncé dans The Financial Times « qu’il était temps d’envoyer un « signal clair » aux FAI que leur laxisme dans ce dossier n’était plus toléré. »

Pour plus d’information, lire :

Couper Internet aux pirates : l’Europe est contre

La France maintient la riposte graduée


Programmes culturels internationaux pour le développement économique

avril 13, 2008

Promouvoir la culture au sein de l’union européenne mais aussi des pays tiers est la volonté actuelle de la commission européenne. Son objectif est de préserver et restaurer les biens culturels et permettre ainsi un accès au marché international à leurs produits et services.

Le secteur de l’industrie culturelle est donc devenu un enjeu de développement économique pour les pays du monde : musées, sites touristiques, cinéma, évènements, audiovisuel etc… seront les principaux secteurs d’investissement grâce a un support technique et financier.

Ce programme sera l’opportunité de protéger et promouvoir la diversité culturelle grâce notamment à la participation d’acteurs culturels locaux.

Pour plus d’information, lire l’article :

The international dimension – site de la commission européenne, rubrique culture  

Programme média - site de la commission européenne, rubrique média


L’Economie est-elle Culture ?

avril 9, 2008

La Culture est toujours associée aux œuvres artistiques (peinture, musique, cinéma, théatre, opéra) et plus généralement à la « culture générale » comme son nom l’indique !
Mais on entend peu souvent parler de « culture économique » : 2 mots qui peuvent paraître antinomique pour certain.  En effet, les médias ne parlent pas souvent de sociétés de « culture » au CAC40 et certain lieu commun accuse les lois économiques de tuer la Culture.

Un article paru aujourd’hui dans les échos en ligne, le 9 avril 2008, présentent à ses lecteurs l’idies, institut pour le développement  de l’information économique et sociale. L’objectif de cette nouvelle organisation, composée de spécialiste d’origine variées dans le domaine de l’économie (journalistes, chercheurs, représentants d’entreprises…) est justement de développer « la culture économique » en France.

Les 2 grands axes de travail sont la valorisation de l’économie dans l’éducation et les médias, en privilégiant la mise en commun les réflexions de l’ensemble de ces acteurs.

Pour plus d’information, voir l’article :

Développer la culture économique des Français, Les échos.fr, 9 avril 2008